[7600] Ils sont des milliers, en France, à ignorer qui les a mis au monde. Nés sous X, comme le permet la loi, ils exigent de connaître l'identité de leur mère. Lever le secret serait-il un bien ou un mal? Le débat reste ouvert. Favorable à une rel

[7600] Ils sont des milliers, en France, à ignorer qui les a mis au monde. Nés sous X, comme le permet la loi, ils exigent de connaître l'identité de leur mère. Lever le secret serait-il un bien ou un mal? Le débat reste ouvert. Favorable à une relative levée du secret, la ministre déléguée à la Famille, Ségolène Royal, s'est récemment saisie du dossier. La garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, tranchera la question, lors de la réforme du droit de la famille. Ségolène Royal cherche une solution qui permette, dit-elle, de «garder le droit à la discrétion tout en rendant réversible le choix du secret». Alors que le nombre d'accouchements sous X ne cesse de diminuer (de 778 en 1991 à 615 en 1997) le débat n'a jamais été aussi passionnel. Symbolique, il oppose le droit des mères à garder l'anonymat au droit des enfants à connaître leurs origines et relance la discussion sur la parentalité. Qui sont les vrais parents: les géniteurs ou ceux qui élèvent les enfants? «Aujourd'hui, nous biologisons la parenté à l'extrême, observe Suzanne Lallemand, anthropologue et chercheur au CNRS. Il est presque devenu honteux que d'autres, tels les parents adoptifs, élèvent le fruit de la procréation.» A une époque où on a du mal à trouver sa place, jamais on n'a eu autant besoin de se raccrocher à ses racines. Tandis que les clubs de généalogie amateurs se multiplient, les générations X n'ont personne à fixer sur les branches parentales. En effet, même si la France a ratifié l'article 7 de la Convention internationale des droits de l'enfant, qui prévoit que «tout enfant a, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents», elle reste l'un des derniers pays à maintenir l'accouchement sous X, avec le Luxembourg, l'Italie et, dans une certaine mesure, l'Espagne (pour les femmes non mariées). La technique de fabrication du secret est bien rodée: l'anonymat est établi dès la prise en charge à l'hôpital, où la femme ne donne pas son identité. On déclare ensuite la naissance à l'état civil de mère et père inconnus. «Il est grand temps de lever l'anonymat! martèle Pierre Verdier, président de la Cadco. On connaît désormais les ravages affectifs que causent les secrets de famille sur plusieurs générations.». Comment les anthropologues jugent-ils l'accouchement sous X ?

Un moindre mal.

Un bonne possibilité de choix à conserver.

Une possibilité parmi d'autres.

Un grave dommage fait aux enfants.